Le syndrome de Sjögren est une maladie auto-immune chronique qui affecte principalement les glandes productrices de salive et de larmes. Cette pathologie touche environ 0,4% de la population, majoritairement des femmes après 40 ans, et représente la deuxième maladie auto-immune la plus fréquente après la polyarthrite rhumatoïde.
Quels sont les symptômes du syndrome de Sjögren ?
La maladie se manifeste d'abord par un "syndrome sec" caractérisé par une sécheresse persistante des yeux et de la bouche. Les yeux deviennent irrités, rouges, avec une sensation de grain de sable. La bouche devient sèche, rendant la déglutition difficile et favorisant les caries dentaires. D'autres symptômes peuvent apparaître : fatigue intense, douleurs articulaires, troubles du sommeil, ou encore des manifestations cutanées.
Certaines personnes développent également des complications touchant d'autres organes : poumons, reins, ou système nerveux. Ces manifestations "extraglandulaires" nécessitent une prise en charge spécialisée et coordonnée.
Comment diagnostique-t-on cette maladie ?
Le diagnostic repose sur plusieurs examens complémentaires. Votre médecin effectuera d'abord des tests simples : mesure de la production de larmes (test de Schirmer) et de salive. Des analyses sanguines recherchent des anticorps spécifiques (anti-SSA/Ro et anti-SSB/La) présents chez la plupart des patients. Parfois, une biopsie de petites glandes salivaires de la lèvre inférieure confirme le diagnostic.
Ces examens permettent de distinguer le syndrome de Sjögren "primitif" (isolé) du syndrome "secondaire" associé à d'autres maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus.
Quels traitements pour améliorer le quotidien ?
Bien qu'il n'existe pas de traitement curatif, plusieurs approches permettent de soulager efficacement les symptômes. Pour la sécheresse oculaire, l'utilisation régulière de larmes artificielles sans conservateur apporte un soulagement immédiat. La sécheresse buccale se traite par une hydratation fréquente, des substituts salivaires et une hygiène dentaire renforcée.
Des traitements médicamenteux peuvent stimuler la production de salive et de larmes. Dans certains cas, des médicaments immunosuppresseurs sont nécessaires pour contrôler l'inflammation générale. La coordination entre plusieurs spécialistes (rhumatologues, ophtalmologues, dentistes) optimise la prise en charge globale.