Pathologies des parathyroïdes : guide général
Les quatre parathyroïdes sont des glandes situées derrière la thyroïde. Elles sécrètent la PTH (parathormone) qui régule la calcémie et la phosphorémie en activant :
- L'absorption intestinale du calcium (via vitamine D).
- La réabsorption rénale du calcium.
- La mobilisation osseuse du calcium.
Deux grandes catégories : hyperparathyroïdie (PTH excessive) et hypoparathyroïdie (PTH insuffisante).
Hyperparathyroïdie primaire (HPT1)
Cause
Adénome parathyroïdien unique (85 %), hyperplasie (10 %), carcinome (rare). Maladie fréquente (200/100 000), 2-3 fois plus chez la femme post-ménopausée.Symptômes
Forme symptomatique (devenue rare) :
- Lithiases rénales récidivantes.
- Ostéoporose, fractures.
- Asthénie, dépression, troubles cognitifs.
- Douleurs osseuses.
- Forme asymptomatique : découverte sur bilan biologique (calcémie élevée).
Biologie
- Calcémie élevée (> 2,60 mmol/L à plusieurs reprises).
- PTH élevée ou inappropriée (normale dans contexte d'hypercalcémie).
- Phosphorémie basse.
- Calciurie 24h souvent élevée.
- 25-OH vitamine D souvent basse (à corriger pour interprétation).
Imagerie
- Échographie cervicale + scintigraphie MIBI pour localisation pré-opératoire.
- IRM ou TDM en cas de localisation difficile.
Traitement
- Chirurgie (parathyroïdectomie) : seul traitement curatif. Indication : symptômes, calcémie > 2,85 mmol/L, DFG < 60, ostéoporose, < 50 ans.
- Surveillance si HPT1 asymptomatique modérée (calcémie + bilan annuels).
- Cinacalcet : si chirurgie impossible.
Hyperparathyroïdie secondaire (IRC)
Cause : insuffisance rénale chronique → carence vitamine D + hyperphosphorémie → stimulation chronique des parathyroïdes.
Traitement
- Restriction phosphore alimentaire (laitages, fromages, viandes industrielles, sodas).
- Chélateurs du phosphore (carbonate de calcium, sevelamer, lanthane).
- Vitamine D active (alfacalcidol, calcitriol).
- Cinacalcet.
- Le diététicien-nutritionniste a un rôle clé pour l'éducation au régime contrôlé en phosphore.
Hypoparathyroïdie
Cause
- Post-chirurgicale (thyroïdectomie, parathyroïdectomie) — la plus fréquente.
- Auto-immune (syndrome APECED).
- Génétique (DiGeorge, calcium-sensing receptor).
- iPPSD (anciennement pseudohypoparathyroïdies) — résistance à la PTH. Voir PNDS HAS 2023.
Symptômes
- Crises de tétanie : paresthésies péri-buccales et des extrémités, signe de Chvostek, signe de Trousseau.
- Crampes, fasciculations.
- Cataracte précoce.
- Calcifications cérébrales (formes chroniques).
- Crises convulsives possibles.
Biologie
- Calcémie basse.
- PTH basse ou indétectable (vraie hypoPTH) ou élevée (résistance / iPPSD).
- Phosphorémie élevée.
Traitement à vie
- Calcium oral (1-2 g/j).
- Vitamine D active (alfacalcidol, calcitriol).
- PTH recombinante (palopegtériparatide) dans formes sévères, AMM 2024.
- Surveillance régulière : calcémie, calciurie (risque néphrocalcinose), créatinine.
Et la nutrition ?
Le diététicien-nutritionniste utile pour :
- HPT secondaire (IRC) : éducation au régime contrôlé phosphore.
- Hypoparathyroïdie : apports calciques équilibrés, vitamine D, hydratation.
- HPT1 : pas de restriction calcique (paradoxalement, augmente la PTH).
- Vitamine D suffisante pour interprétation du bilan.
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Voir aussi : Hyperparathyroïdie pour le détail.